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Nous avons beaucoup de très bons retours sur notre nouvelle vidéo du jet d’eau et de la rade de Genève, mais nous avons également entendu souvent «mais … ce n’est pas interdit ?», et fidèles à notre objectif d’informer et de guider tous les utilisateurs dans la bonne direction, voici donc tout ce que l’on peut vous dire, sans aucun secret (ou presque) : Non, c’est pas interdit, mais ça se prépare et on peut pas faire n’importe quoi !

Nous vous proposons aujourd’hui les coulisses et la préparation de cette activité, qui s’est déroulée les mercredi 17 et jeudi 18 mai 2017, et qui on le rappelle, consistait à s’installer au bord de la jetée du jet d’eau de 14h00 à 23h30 pour le filmer, ainsi que la magnifique rade de Genève, de jour et de nuit.

Attention : cet article représente un cliché instantané de la situation genevoise au début du mois de Juin 2017. Tout ce qui est expliqué peut être appelé à changer dans le futur !

Sur la photo, de gauche à droite : Julien Leroy, Michel Tachet, Guillaume P.Boppe, Yvon Labarthe enlaçant Ana Lowry, Jean-François Vila, Pedro Gutiérrez Fernández, Christian Schenkel, Christian Curdy, Edouard Haegi et Philippe Blanchard. Accroupis : Fabrice Lombard et Gérard Koymans.

Vu qu’il y a énormément de sujets à traiter, on va y aller chronologiquement , au moins au début (!!!) :

Janvier : L’idée

C’est en préparant le programme des activités proposées à nos membres pour toute l’année que l’idée nous est venue. Suite à l’introduction de nouveaux émoluments par la Police à Genève, de canaliser l’ensemble des membres souhaitant voler autour de ce monument suisse sur un seul dossier, auprès de toutes les autorités concernées, et en premier lieu Skyguide et la Police, le fameux COP (Centre d’opération et de planification). Soucieux de rester en bon terme avec tous, on s’est dit «on va les déranger qu’une seule fois» et il semble que cela a été apprécié.

Ce n’est pas la première fois que nous faisons le jet d’eau (Notre premier film de 2014, fait à deux … la faute aux TPG qui étaient en grève ce jour là), avec l’association ou l’un d’entre nous, à titre privé ou professionnel, et nous commençons à bien connaître ce théâtre. Nous avons décidé de nous installer quelques mètres en amont de la jetée, même si en fin de journée on a un peu le soleil dans l’axe du Jet d’Eau. C’est pourtant le meilleur endroit que nous avons trouvé autour de la rade.

Zone de décollage/atterrissage protégée par des barrières

Alors, on ne le ferait peut-être pas en y allant tout seul avec juste un Phantom, mais comme là on allait être assez nombreux, avec des machines imposantes (Genre M600 ou S900), on a décidé de demander à pouvoir privatiser un bout de bitume, délimité avec une dizaine de barrières de fêtes, appelés «vaubans», qui se louent auprès du service du Matériel de fêtes à Genève. On y reviendras en détail plus tard. L’autorisation de privatiser, elle, c’est du coté du «Service de Sécurité et de l’Espace Public (SEEP) et on y reviendras également plus tard beaucoup plus en détail. L’avantage est double, permettre au pilotes de pouvoir atterrir et décoller sur un espace clair, sans passants, et également limiter l’accès du public à tout le matériel coûteux étalé par terre.

Comment gérer la météo aussi longtemps avant ?

C’est le bureau des vols spéciaux de Skyguide lui même qui nous a donné l’astuce : il suffit de leur demander une longue période, un mois entier … et d’affiner la demande ensuite, quand la météo se précise. Il est de toutes les façons nécessaire d’obtenir encore, la veille, un email de confirmation en envoyant une demande avant midi, confirmée (ou pas) avant 16h, que le vol a bien lieu le lendemain. On appelle cela le «pré-avis J-1».

Nous avons donc visé une semaine entière en mai, loin des ponts de l’ascension et de pentecôte, après les «Saints de Glace». Nous avions convenu avec la police d’affiner la date précise le jeudi précédent, avec une prévision météo plus précise. Il y a toujours un délai de trois jours avec la police (COP) pour confirmer une date de vol, on peut pas l’obtenir plus vite. Nous avons également renoncé à Juillet et Août, les périodes touristiques, avec les fêtes de Genève, et beaucoup trop de monde à proximité immédiate. Le mois de Mai nous a semblé bien plus calme, et propice à cette activité.

Comment ca se passe pour la hauteur maximum ?

Touristiquement et publicitairement parlant, le jet d’eau culmine à environ 140 mètres, et lorsque l’on fait une demande de vol spécial dans ces fameux 5 km, la hauteur est toujours strictement limitée à 100m du sol (on dit 100m AGL) … alors …. comment fait on pour aller au dessus ? Il faut demander des périodes spéciales, de 15 minutes, durant lesquelles ont va demander de monter plus haut, soit à 200 m AGL. Cette spécialité, il faut le préciser sur la demande, mais cela sera à négocier sur le moment avec le superviseur de la tour de contrôle au téléphone, en fonction du traffic dans sa région (Hélico de l’hopital, REGA, etc …). Toutefois, en fonction du vent, on s’est rendu compte que le jet d’eau monte parfois bien moins haut.

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Les deux premières autorisations à demander sont donc celles de Skyguide et de la police Genevoise, en leur précisant à tous les deux qu’en traitant ce dossier, ils allaient pouvoir répondre aux attentes de nombreux pilotes, en une seule fois. Optimisation !

Skyguide donne sa pré-autorisation le 10 février

Le jet d’eau se situe à 4940m. de la limite la plus proche de la piste de Genève-Cointrin, et comme nous avons demandé à tourner autour à 300m. de tous les cotés, nous nous retrouvons donc à 4640m. de cette même piste, et la demande de vol spécial est donc obligatoire. (Lire l’article : C’est quoi une demande de vol spécial chez Skyguide).

Il n’aura fallu que trois jours au bureau des vols spéciaux de Dubendorf pour nous accorder une première pré-autorisation à la demande que nous avions formulée, pour la deuxième quinzaine du mois de mai.

Vous retrouvez le formulaire à jour et toutes les infos sur cette page du site Skyguide.ch et l’adresse email pour le contact est specialflight@skyguide.ch.

Nous avons demandé un rayon de 300 mètres autour du jet d’eau, ce qui nous permettait de pouvoir décoller sans survoler personne, et d’évoluer en permanence au dessus de l’eau uniquement, et ne pas trop nous rapprocher des bains des Pâquis ou du port noir et de la nautique. On a également fait attention au port situé en aval de la jetée du jet d’eau, et à la location de pédalos à notre droite.

Pour la police, on a rempli le formulaire prévu à cet effet, et une semaine plus tard, on a appelé le brigadier Couturier, avec qui nous entretenons, depuis le début d’Airshoot, d’excellentes relations. Même si les autorisations ne sont finalement délivrées par son service que 72 heures avant, il nous as déjà assuré que notre demande était bien préparée et que ça allait surement passer sans problèmes. Toutefois, il nous a rappelé que nous ne sommes jamais à l’abri d’imprévus, comme la venue de John Kerry par exemple (!!!!!!!!).

Le contact pour les demandes est l’email est cop-procedures-aeronefs@police.ge.ch où vous pouvez obtenir la dernière version du formulaire PDF.

1 mois avant : commande des vaubans

Nous avons contacté le service du matériel de fêtes, une première fois par téléphone, et une dame très gentille a écouté notre demande, avant de nous inviter à lui rappeller tout cela par écrit dans un email, qui lui permettrait de remplir le formulaire à notre place (ça c’était sympa !), mais elle nous a également redirigé vers le Service de Sécurité et de l’Espace Public, qui devait également donner son autorisation pour que privatisions une partie, même petite, de la voie publique.

L’adresse de contact est : matfetes@ville-ge.ch

Le SEEP : Sévère mais instructif !

Nous avons donc envoyé un premier email à l’adresse indiquée par le matériel de fêtes, que nous avons relancé une semaine après.

Au téléphone, nous avons été reçu par M. David Proz, une des personnes s’occupant de ce genre de demandes. Il n’est pas difficile d’imaginer qu’il doit en recevoir beaucoup, dont certaines bien farfelues, et que son service agit un peu en cerbère à l’entrée de ce magnifique écrin qu’est la rade de Genève. Il n’avait jamais entendu parler d’Airshoot Suisse.

L’ambiance s’est bien détendue en seulement quelques minutes de conversation téléphonique, mais au début, c’était vraiment pas gagné «En terme de délais ça va pas être possible ! Mais expliquez moi quand même ! ». Et après lui avoir fait un «elevator pitch» simple mais efficace sur qui on était et pourquoi on voulait poser 10 barrières dans un petit coin de la rade, on finissait sur un chaleureux et enthousiaste «Ok super pas de problèmes, je vous envoie ça cette après-midi ou demain au plus tard». M. Proz a rapidement été sensible au bien fondé de notre démarche, destinée avant tout à garantir la sécurité des passants à proximité directe, aux abords de la jetée du jet d’eau.

Quand on à reçu l’autorisation du SEEP, pour commencer, on est tombés de la chaise, en découvrant l’impressionnante liste des interdictions et restrictions, mais qui finalement, tombent toutes sous le sens, et ne peuvent qu’être appréciées par ceux et celles qui veulent protéger la rade de Genève des agressions publicitaires.

Voici toutes ces règles, qu’il est intéressant de connaître :

  • les directives des forces de l’ordre ou tout autre service officiel, devront être respectées
  • les organisateurs se cantonneront à la zone qui leur est octroyée selon le plan joint à la présente
  • les piétons ne devront pas être importunés ou se sentir contraints de répondre ou de participer d’une manière quelconque à une discussion à laquelle ils ne souhaiteraient pas prendre part.
  • leur libre circulation ne devra pas être entravée et, en aucun cas, ils ne seront incités à se déporter sur la chaussée
  • la tranquillité publique devra être respecté.
  • aucune structure (tente, dais, podium, support, etc. ) ne sera installée sur l’emplacement octroyé
  • les éventuelles sources lumineuses seront dirigées de sorte à n’occasionner aucune gêne aux automobilistes et aux piétons
  • en cas de prises de vues d’immeubles, il vous appartient de solliciter et d’obtenir l’autorisation des propriétaires des ouvrages et/ou des biens-fonds concernés
  • les individus ne devront pas être filmés à leur insu
  • aucun véhicule n’est autorisé a stationner sur les lieux du tournage. Ceux-ci devront être parqués conformément à la loi sur la circulation routière
  • l’utilisation de groupes électrogènes est strictement interdite.
  • la publicité, sous quelque forme que ce soit, est strictement prohibée !
  • L’utilisation d’un mégaphone/micro devrai être soumis à l’autorisation du DSE
  • le trafic routier, notamment celui des transports publics genevois, ne devra pas être perturbé par la manifestation.
  • Le site devra être laissé propre et en état à la fin de la présence des manifestants.
  • Si d’autres groupements devaient obtenir l’autorisation d’utiliser le même emplacement, il vous appartiendrai de prendre toutes les dispositions utiles pour que votre présence conjointe ne soit pas préjudiciable à l’ordre public.

Certains peuvent crier au scandale, mais ce n’est de loin pas notre avis, car en y réfléchissant un peu mieux, toutes ces règles sont censées … et justifiées, même s’il pourrait y avoir, tout de même, une légère marge de manoeuvre, notamment concernant l’affichage, surtout pour une organisation à but non lucrative, non sponsorisée.

Celle qui nous plait le plus c’est « les piétons ne devront pas être importunés ou se sentir contraints de répondre ou de participer d’une manière quelconque à une discussion à laquelle ils ne souhaiteraient pas prendre part». Car c’est facilement plus d’une centaine de badauds qui se sont rapprochés de notre espace privatisé, et qui ont lancé eux-même la discussion, piqués par leur curiosité.

Après avoir lu toutes ces règles, nous avons rappelé David Proz pour lui demander une petite exception pour un seul et unique BeachFlag, sobre, avec juste notre logo, pour nous identifier à tous les curieux qui passeraient par là (et y’en a eu beaucoup).

Avec en prime, un petit drapeau suisse tout en haut, mais rien n’y a fait ! «Les places de manifestation où ce type de stand d’information à destination du public sont autorisées sont ailleurs dans la ville ! En tout cas pas au bord du lac ! Si un jour vous souhaitez faire un stand d’information, je peut vous trouver d’autres places avec beaucoup de passage, mais là, pour moi, ce que vous faites, c’est une privatisation. Dans l’idée, vous êtes pas là pour vous présenter au public mais faire votre activité privée en toute sécurité.» avant de rajouter « L’autre problème est que si nous vous autorisons même rien qu’un beach flag, la prochaine demande dans un emplacement similaire argumentera : Eux ils ont eu le droit et pourquoi pas nous ?».

Nous avons encore insisté qu’on était qu’une association a but non lucratif de gens pacifiques, sérieux, non politisés, et qu’on avait rien à vendre … ou juste une philosophie, et qu’en plus, on la vendait même pas, on la donnait, à tout le monde.

La punchline habituelle n’aura eu aucun effet sur David Proz. C’est niet !!! Il aurait fallu des t-shirts et des flyers … mais à l’arrivée, on a surtout flingué notre stock de cartes de visites, car beaucoup de monde s’est arrêté autour de notre petit espace pour discuter et poser des questions.

Ensuite, David Proz à ajouté «Et .. vous avez l’autorisation de la police du lac ?» Nous pensions alors que le COP avait transmit et que c’était en ordre, alors il nous a dit : «Ok, je vais vérifier par email comme ça on est surs !», et nous avons reçu des confirmation par email deux jours après. Rien à signaler de leur coté, tout était fin prêt.

L’adresse de contact du SEEP est : manifestations.seep@ville-ge.ch 

Le jeudi précédent, échange avec le COP

Une fois la météo précisée et les dates du mercredi et du jeudi suivant arrêtées par le comité de l’association, nous avons renvoyé un email au COP pour confirmer les deux dates, et le papier signé, tamponné et scanné nous est revenu en PDF le lendemain.

Nous avions bien sur avec nous une version papier de toutes les autorisations transmises par les différentes autorités concernées, afin de pouvoir nous justifier en cas de contrôle.

La veille, le pré-avis à Skyguide

Vu que les vols spéciaux sont planifiés sur de longues durées, il faut encore faire un pré-avis, par email, la veille avant midi, à une adresse communiquée sur le document de pré-autorisation reçue en Février. Nous avons envoyé le mail à 9h37 le matin, et la réponse favorable est arrivée à à 15h15. Toutefois, impossible de demander les deux jours d’un coup, on a du renvoyer le même email le lendemain, à «J-1» pour utiliser le terme exact.

Jour J !

Et voilà, le grand jour est arrivé, le rendez-vous est donné à une quinzaine de membres dès 14h sur notre spot du jour. Nous avons installé les barrières, puis passé les deux coups de fils d’autorisations encore nécessaires :

D’abord Skyguide !

On a commencé par appeler chez Skyguide le numéro du superviseur dans la tour de contrôle de Genève-Cointrin (GVA) pour demander l’autorisation finale de procéder à nos vols. Il a revérifié tous les détails de la demande et a finit par nous dire ok, en nous invitant a rappeller à la fin du vol, que nous avons confirmé pour 23h30.

Ensuite le COP !

Ensuite, une fois le ok de Skyguide obtenu, nous avons encore appelé le COP, qui nous a également donné son feu vert, en vérifiant auparavant qu’on avait bien appellé Skyguide.

Et c’était parti pour 7h30 d’activité, à plusieurs, avec pour terrain de jeu un paysage magnifique, connu du monde entier grâce aux cartes postales, et emblème de la ville qui a vu naître l’association Airshoot Suisse. Pour couronner le tout, un temps superbe et presque aucun nuage augurait d’une journée au résultat mémorable. Une grosse quinzaine de pilotes avec en tout une vingtaine de drones se sont fait plaisir, pendant plusieurs heures, au seul prix de quelques coup de soleil !!!

Trois Paliers

Comment voler à plusieurs, devant plein de personnes qui regardent, en toute sécurité sans se rentrer dedans ? Nous avons du imaginer un concept.

Historiquement, en sortie entre membres de l’association, il n’y a jamais plus de deux drones en vols en même temps, pour éviter tout problème, mais l’association grandissant, dans cette sortie là, quand y’en a 2 qui volent, y’en aurait eu 13 qui attendent.

A l’exception de cas particuliers qu’on vous expliqueras après (le vol à 200 mètres !), nous avions définit , dans les 100 premiers mètres autorisés depuis le sol, pendant toute l’activité, trois paliers, à 30m, 60m et 90m … avec une variation possible de 10m. dans les deux sens (haut et bas). C’est à dire que le drone situé au palier de 60m. pouvait évoluer entre 50m. et 70m. , ce qui a permit de faire de très jolis panoramas, ou encore d’aller filmer des évènements précis à plusieurs, comme l’entrée ou la sortie des bateaux de la CGN, le petit bonus qu’on avait pensé à surveiller, en regardant avant les horaires. Bien entendu, en restant à bonne distance des bateaux !

Quand un pilote veut changer de palier, il se rapproche du pilote qui se trouve au palier qui l’intéresse, et ils échangent, en veillant bien a ne pas faire ce changement au même endroit, et en vérifiant également avant où se trouve le troisième. Cette méthode à parfaitement fonctionné, et selon la hauteur disponible AGL, on pourrait même envisager de rajouter encore d’autres paliers.

Le vol à 200 mètres

Quand on prépare ce genre de sorties complexes avec ce genre de spécialités, on se demande toujours très rapidement «est-ce qu’on va pas les saouler à la tour de contrôle ?». Nous avions prévu deux sessions spéciales de 15 minutes à 200 mètres, que nous devions négocier, vers 16h (de jour) et 22h (de nuit) et on a bien senti qu’à la fin de la séquence de 22h, on le saoulait le superviseur, qui nous a envoyé un sec «Quoi ? Vous avez pas encore finit ?». Annoncé dès le début jusqu’à 23h30, notre activité allait encore se poursuivre jusqu’à 23h15 au moins, pour pouvoir filmer l’extinction du jet d’eau.

Au moment de demander ces périodes, nous nous étions organisés avant avec les pilotes intéressés … pour nous partager ces 15 minutes spéciales entre 3 à 5 drones. Nous avons demandé au superviseur que la période commence à une heure précise quelques minutes après, et dure 15 minutes pile. Les drones ont décollé deux minutes avant pour se mettre en attente à des hauteurs différentes, et des le moment précis, chacun a eu sa période pour faire ses images à la verticale du jet d’eau, avant de s’éloigner à chaque fois à une hauteur différente, et pouvoir profiter ailleurs dans la rade , dans les limites de notre zone de vol, de la fin cette période à 200 m. Des l’heure prévue pour la fin de la période, tout le monde était redescendu en dessous de 100 m., et nous avons pu rappeller la tour pour quittancer la fin de cette période spéciale. Et tout s’est passé nickel !

La police est passée deux fois

Nous avons eu deux fois la visite de la police, tout d’abord, au début de l’après-midi, de deux municipaux sympathiques en Segway, dont le président s’est rapidement rapproché pour les saluer . Ils ont alors demandé :

– Vous avez toutes les autorisations j’ai pas besoin de vérifier ?!?
– Tout est dans mon sac juste là !
– Vous avez quoi comme autorisations ?

Nous avons alors rapidement égrené toutes les instances qui avaient donné leur feu vert, et dont les documents papiers attendaient bien sagement rangés dans une chemise plastique, dans le sac à dos du président, mais il n’a pas été nécessaire de les leur sortir, les énumérer aura suffit. Ils nous ont ensuite lâché un grand sourire, suivit d’un «Super alors bonne journée !», tout en repartant avec enthousiasme vers d’autres aventures, sur leurs véhicules futuristes.

Plus tard, après la tombée du jour (vers 21h30), une voiture de patrouille de la police cantonale qui passait par là , a (presque) planté les freins en nous voyant, nous a observé une toute petite minute (probablement le temps de vérifier par radio) et sont repartis rapidement sans même descendre de leur voiture. ça devait pas être nous qu’ils cherchaient.

Dernier appel à la tour à 23h22

On savait que le jet d’eau se coupait à 23h15 pile, et on voulait capter cet instant, on a donc décollé environ quatres minutes avant, on s’est placés à des endroits différents dans la rade, toujours à l’intérieur des 300 mêtres autorisés, et comme prévu, le jet d’eau s’est coupé à l’heure dite, et les projecteurs se sont éteints une petite minute après. Nous avons ensuite posé nos drones, et rappelé Skyguide, et la police, pour annoncer (enfin !!!) la fin de nos vols et de notre activité pour cette journée.

Mission accomplie !

Sans casse ! Sans plouf ! Tout le monde enchanté et satisfait ! C’est un comité fier de ses membres qui est allé se coucher ! Chaque évènement de ce type représente, malgré tout, un grosse tension pour les dirigeants d’Airshoot Suisse . Encore un grand bravo et un grand merci à tous les pilotes présents !

Si vous n’avez pas vu le film, vous pouvez le visionner en cliquant ici !

Jour J2 : la déconfiture

Si le mercredi a profité d’une météo magnifique, le jeudi a été beaucoup plus gris, sans soleil, avec une très mauvaise surprise, pendant que nous nous installions, après avoir passé les coups de fils à Skyguide et au COP : Tout d’un coup, vers 14h10, on a entendu un grand «CLAC», et nous avons vu la colonne d’eau du jet s’effondrer et mourrir sur sa base. Oups ! Le jet d’eau venait d’être coupé automatiquement en raison de la bise qui était trop forte.

Vous trouvez pas qu’il manque quelquechose ?!?

La veille, nous avions du vent d’ouest, qui soufflait l’eau dans la bonne direction vers le large, ou qui retombait à la verticale, mais le jeudi, c’est la bise qui s’est mise à souffler, dans le sens inverse, et trop fort, ce qui aurait pu mouiller jusqu’aux facades des maisons et nous avons appris qu’un système mesurant le vent pouvait le couper automatiquement pour éviter cela. Faire une sortie au jet d’eau sans jet d’eau, ca commençait à sérieusement partir en cacahuète.On avait même avec nous le fils d’une personnalité genevoise, qui a bien tenté quelques coup de fils introduits, mais sans succès. Nous étions alors condamnés à nous installer à la terrasse du glacier pour refaire le monde des drones.

Deux heures plus tard, la bise s’étant calmée, il s’est rallumé automatiquement  … mais malheureusement moins d’une heure avant l’arrivée de la pluie, qui nous a fait terminer l’activité et plier bagages, un peu bredouilles, sans bien entendu oublier de terminer l’activité par les appels de clôture au COP et à Skyguide.

Il est très difficile de gérer tout ces nombreux paramètres, et cela demande de la minutie, du temps et aussi un peu de flair. Bon, on a réussi un jour sur deux, on va regarder le verre à moitié plein !

Skyguide grogne quelques jours après

Pendant l’activité du mercredi, nous avons eu l’honneur d’accueillir le journaliste genevois Gilles Mielot, de Léman Bleu, un journaliste  et une chaine qui soutiennent Airshoot Suisse depuis ses débuts, pour faire un petit reportage sur notre sortie, et la méthode employée pour que tout se passe bien.

Visiblement impressionné par le déploiement de drones opéré par notre association, Gilles n’a pas hésité dans son commentaire à en rajouter plusieurs couches sur les «20 drones qui envahissent la rade». Ce qui a fait sursauter une personne de chez Skyguide, en charge de la gestion de ces autorisations, qui nous a reproché de ne pas avoir annoncé que 20 drones voleraient en même temps.

Vous savez maintenant que le maximum n’était pas de 20 mais de 3 …. voire 5 pendant les deux périodes exceptionnelles de 15 minutes à 200 mètres. En revérifiant cette demande et les précédentes, il avait toujours été question de mini-droneS, au pluriel, et Airshoot n’étant pas né hier, nous pensions que notre concept était connu de cette personne, alors que visiblement non. Nous avons quelques contacts chez Sykguide, mais qui sont plus dans le stratégique et le théorique, pas vraiment dans l’opérationnel, dont dépendait cet employé de l’entreprise chargée du contrôle aérien en Suisse.

De plus, étant souvent filmés durant nos activités (et notamment un super décollage en novembre 2015 en formation pour RTS1 avec 6 drones au signal de Bernex pour l’émission «A bon entendeur» sur la musique du film Apocalypse Now, un grand moment pour nous ! Revoir l’émission, c’est à 26’15 »), il courant que le public sache que nous sommes une association de plusieurs pilotes qui se réunissent à plusieurs, et que surtout nous sommes les seuls en suisse romande à pouvoir voler à plusieurs en formation assez facilement.

Passé cette première réponse grammaticale un peu insolente (oui, ok, on avoue !!!), un coup de fil beaucoup plus agréable avec ce collaborateur de Skyguide à mit en lumière un argument imparable, qui a vite calmé notre ardeur à nous en défendre : «On doit faire ce qu’on appelle le Traffic Info à un hélicoptère qui va passer à proximité de votre zone de vol, on lui dit attention, il y a UN drone. Quand l’hélicoptère a vu et passé le drone, pour lui, le danger est passé. S’il y en a plusieurs, ça doit être spécifié, que le pilote de l’hélicoptère reste attentif, et les compte, avant de pouvoir considérer que le danger est vraiment passé. Voilà pourquoi on aurait du savoir le nombre maximum de drones en vol pendant votre activité.». Et là ben, ça se tient bien … même si notre association est un cas particulier, car la plupart des demandeurs d’autorisations volent seul, à une machine à la fois.

On en a prit bonne note pour la prochaine fois et on integre ce paramètre dès maintenant à toutes nos demandes, dans notre souci de toujours coller au plus près des exigences des autorités aéronautiques, représentées dans le cas présent par Skyguide, auprès de qui nous nous sommes finalement excusés pour l’information incomplête.

Promis, on va faire super gaffe !

Recharger les batteries ?

Bon … sur ce coup, c’est un peu le point faible. On aurais pu faire installer une borne 220V, mais ça aurais considérablement augmenté le coup de cette activité. Les groupes électrogènes sont strictement interdits par le SEEP.

Il y a bien la glacier et le manège juste à coté,et on a essayé avec le glacier à notre gauche. A 5h du soir, ce sympathique chef d’entreprise, voyant une quinzaine de membres faire la navette a son guichet pour acheter des boissons fraiches, depuis le début de l’après-midi, n’a pas eu d’autre choix que d’accepter de nous donner accès une de ses prises, mais un peu à contre-coeur. En effet, il avait peur qu’on tire trop de puissance et qu’on fasse sauter les fusibles de tout son business. Il nous a demandé de nous en tenir à un seul chargeur à la fois … ce que nous avons respecté, mais nous avons bien senti qu’il aurait préféré qu’on fasse autrement. Fort heureusement, son installation électrique a parfaitement tenu le coup, mais ce n’est pas une bonne solution, surtout à plusieurs.

Ensuite, grâce à un contact de l’un de nos membres, nous avons trouvé à proximité un tableau électrique discret mais conséquent, avec l’autorisation d’y installer plusieurs chargeurs, à l’intérieur même du boitier étanche du tableau électrique mais malheureusement, cette info là, on ne pourra pas vous la donner ici, à la demande du membre et de son contact. Désolé si on vous a un tout petit peu survendu le «sans secret» au début de cet article, mais on avait aussi ajouté un «ou presque» !!! 🙂

Et ça a couté combien ?

C’est la grande question, et selon votre forme juridique (nous sommes une association a but non lucratif et on a pu passer entre certaines gouttes), les coûts peuvent changer d’un cas à l’autre. Dans notre cas, le montant total des frais s’élève à CHF 270.20.

Skyguide

C’est gratuit … mais pour combien de temps ? L’article de la tribune annonce que les demandes ont triplé à Genève entre 2014 et 2016, et qu’elles représentent à elle seule la moitié des demandes en Suisse. Mais sur ce coup, pour le moment aucune facture du SWISS ATC.

La Police

Depuis le 1er janvier, il faut ouvrir un dossier, permettant 5 jours d’activité, facturé 150 francs, si aucune préparation particulière n’est nécessaire. Pour notre part, ayant maché le boulot au maximum, et malgré notre présence dans un lieu sensible, nous pensons être au tarif plancher, mais nous n’avons pas encore reçu la facture.

Pendant la préparation, un des policiers du COP nous a dit «Bon, vous êtes une association, alors on vous factureras pas les frais de dossier, mais alors attention, il faut surtout pas que je retrouve de ces images dans un film commercial ou sur un site de vente d’images. On est d’accord ? Pas d’utilisation commerciale !» ce à quoi nous avons répondu qu’on préférait payer quand même, pour ne pas fixer de barrières à nos membres à ce sujet. Cela a été accepté par le policier, mais nous saluons la proposition faite de cette exception. Par contre, vu nos bons rapports avec ce service, on ne sait pas s’ils la proposent d’office à tout le monde.

Les Vaubans

La facturation des vaubans par le matériel de fête est assez ésotérique. On part d’un prix à 5 francs par vauban et par semaine, assortis de 150 francs de livraison, qui profitent ensuite d’une réduction car nous sommes une association à but non lucratif, pour une manifestation se tenant sur le territoire de la ville, et puis encore des frais de dossier sans réduction, ce qui nous amène à une facture de CHF 120.20

Le SEEP

Pas d’information concernant ce poste dans le budget, car David Proz et le SEEP, sur simple demande par email, nous ont accordé la gratuité de leur intervention, car nous étions, encore une fois, une association a but non lucratif, pour une activité se tenant sur le territoire de la ville.

Conclusion

Super activité que cette sortie au jet d’eau ! Et concernant tout le travail de préparation et de coordination que cela demande, avant et pendant, il faut clairement réfléchir avant d’entamer toutes ces procédures. Il ne faut pas y aller pour rien … ou tout seul … juste pour le plaisir … car cela fait un plaisir plutôt cher, qui demande beaucoup de temps, et qui pourrait agacer les autorités s’il avait lieu trop souvent.

Le comité de l’association Airshoot Suisse espère que ce dossier vous permettras d’y voir plus clair sur tout ce qu’il faut savoir avant de s’attaquer à ce spot mythique. Maintenant qu’on est au fait sur tout ce travail de préparation, cela pourrait devenir une sortie annuelle.

Bons vols à tous et bon été !

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